Les Monstres du Ça



- Les Krell ont oublié une chose.
- Oui, quoi?
- Les monstres, John. Les monstres du Ça.

Planète Interdite, 1956

mardi 28 avril 2015

Sexe et Contrôle Politique - la Preuve par les Sciences

J'ai déjà évoqué les travaux du Dr. Jones sur la relation entre la sexualité et l'apparition de l'horreur comme genre culturel à part entière dans "Les Monstres du Ça - Horreur et libération sexuelle".

Je n'évoquerai l'ouvrage qu'il a consacré au contrôle politique par la libération sexuelle, Libido Dominandi.

Je parlerai ici de la confirmation scientifique des travaux du Dr Jones par ceux du Dr Jean Gautier et de Jean du Chazaud dans le domaine de l'endocrino-psychologie.

Dans ce domaine qu'il serait trop long de décrire, la découverte fondamentale est le rôle jouée par les quatre glandes endocrines suivantes:
Ce sont elles qui jouent le plus grand rôle dans le corps humain et sont prépondérantes avant même le cerveau, que tout le monde croit à tort être l'ordinateur de bord tout puissant. Ceci est tout sauf vrai.

La glande qui nous intéresse ici est la génitale. Celle-ci à un rôle double: elle peut être sexuelle, auquel cas l'hormone se disperse dans les organes génitaux, et elle peut être interstitielle, auquel cas, en l'absence de pratique sexuelle régulière, l'hormone se diffuse alors dans le sang et joue ainsi un rôle absolument fondamental pour l'être humain.

Comme l'a découvert le Dr Jean Gautier, la génitale interstitielle est la glande du sens moral, de la rectitude mentale, et du libre arbitre en général. En effet, si le libre arbitre est pris pour argent comptant au quotidien, le Dr Gautier a montré que la capacité de l'homme à en faire usage varie grandement et demeure un exercice quotidien.
La sublimation des pulsions sexuelles est un élément vital dans le contrôle de soi et l'exercice de son libre arbitre: plus on s'adonne aux pratiques sexuelles démesurément, plus l'hormone est gaspillée, plus on devient esclave de ses passions, et moins on fait usage de son libre arbitre. Il suffit de lire ses livres - ainsi que ceux de Jean du Chazaud - pour en être convaincu.

C'est selon lui la raison pour laquelle l'image des sages aînés à toujours été présente, car les pratiques sexuelles diminuent au-delà d'un certain âge et l'hormone peut ainsi affecter la personnalité pour le meilleur. Cependant il est à noter que les bénéfices sont beaucoup plus importants lorsque la maîtrise de soi est pratiquée dans la jeunesse, lorsque la glande interstitielle peut tourner "à plein régime".

La maîtrise des pulsions est non seulement importante du point de vue psychologique, mais aussi du point de vue physique et physiologique. De manière plus générale, les glandes endocrines doivent être en harmonie afin de permettre au corps de maintenir sa santé optimale. Tout déséquilibre, toute utilisation en excès d'une ou plusieurs de ces quatre glandes cause un déséquilibre souvent à l'origine du ou aidant le développement d'une maladie.

Voilà où l'intuition du Dr Jones trouve sa justification scientifique. Dans sa conclusion des Monstres du Ça, il dressait le lien entre sexualité et mort. Ce lien est expliqué par l'endocrino-psychologie. La sexualité débridée est la mort du libre arbitre et donc du soi, laissant la place au contrôle politique traité en longueur dans Libido Dominandi.

Dernières de Nouvelles Connaissances de l'Homme (1948)
L'Enfant, ce Glandulaire Inconnu
Les Glandes, Beauté et Charme de la Femme (1978)
Freud a menti


Folie ou Génie




jeudi 23 avril 2015

Technologie et Angélisme : deux faces d'une même médaille

[Le Dr. Jones fait notamment référence dans son ouvrage à deux tendances frappantes du XIXème siècle : l’impact de la machine à vapeur en général et du chemin de fer en particulier sur la perception par l’homme de sa place dans le monde ; l’angélisme en littérature, soit l’attribution fréquente des caractéristiques de ces êtres aux humains, aux femmes en particulier.]

L’idéalisme, qui, j’espère montrer, était la manifestation philosophique de l’angélisme, était perçu comme une manière de réintroduire de la valeur humaine dans un univers totalement matériel fait de particules rigides fusant dans tous les sens dans et hors de l’homme (ou du moins son corps), obéissant à des lois physiques abstraites…L’univers passa d’être un « fait » à être un rêve, et par là-même, l’homme, de spectateur sans importance devint un dieu dépourvu de  pouvoir. p. 6

A l’intérieur du train, l’homme devient, comme ce que l’image du capitaine de navire est devenue pour Platon, un symbole de la relation de l’âme au corps. La technologie, en faisant du train un corps de substitution, dans le même temps, fait du passager une âme de substitution, une âme indépendante et par conséquent, de fait, un ange…[Hawthorne [Nathaniel, écrivain Américain, 1804-1864]] ne réalisa pas que les mécanistes et les angélistes avaient le même objectif, à savoir l’âme désincarnée, angélique, et les premiers disposaient d’un meilleur moyen d’y arriver… p. 8

R. B. Heilman écrit dans l’article « ‘The Birthmark’ d’Hawthorne : la science comme religion » :
«…la science elle-même est devenue une religion, capable de fournir une description complète de la réalité et donc de commander une absolue dévotion de la part de l’homme. » Aylmer [personnage de l’histoire], en tentant de supprimer le seul défaut de la beauté quasi-parfaite de son épouse, devient le « représentant  d’une époque qui a déifié la science et la voit comme une force amenant irrésistiblement l’utopie. » p. 28

Le dictum biblique « Tu l’as mis un peu en-dessous des anges, » [Hébreux 2 :7] doit être contourné par la technologie, et alors que le corps devient obsolète du fait que la nécessité du travail est désormais prise en charge par des machines, l’âme, se dégageant graduellement du corps « grossier et indigne, » s’élèvera et prendra sa place méritée parmi les anges. p. 30

Le problème central n’est pas, comme Copleston semble craindre, l’absorption de l’individu par l’infini, mais le contraire, c’est-à-dire l’absorption de l’infini par l’individu, et le chamboulement ontologique concomitant causé par cette vision anthropomorphique de la réalité. L’anthropomorphisme est la fin de la religion et surtout, en relation avec notre étude, celle des êtres spirituels (Dieu et les anges), parce qu’en transférant le modèle de la conscience humaine sur la réalité tout entière (la définition même de l’anthropomorphisme d’après Copleston), il transforme des êtres spirituels ontologiquement distincts en phénomènes psychiques. Les ordres angéliques, dans les limbes depuis Newton (et désorganisés depuis Calvin), furent finalement expulsés de l’univers au XIXème siècle en devenant les symboles des tendances humaines, créant par là un vide qui, étant donné les aspirations Pélasgiennes et Perfectibilitaristes de l’époque, doit être comblé par l’homme lui-même. p. 35-36

La science, en d’autres termes, doit faire de nous des anges. p. 39

La seule chose empêchant l’univers d’être une machine ou un rêve est donc l’action. L’action est « le point auquel la conscience se connecte à la réalité. » [Fichte] … L’idéalisme, ayant renoncé à toute foi en un être autre que le soi, résout le problème de l’action en transformant la volonté en quelque chose ressemblant au Dieu qu’elle remplace. La volonté devient le Primum Movens internalisé… p. 51

Si le soi choisit le contact avec le monde, le risque est qu’il soit réifié et absorbé par l’univers mécanique. Si, d’un autre côté, le soi refuse toute interaction avec le monde, il court le risque de devenir un fantôme non substantiel, flottant pour toujours au-dessus, incapable de créer une connexion avec lui ou les êtres substantiels qui l’habitent. p. 54

L’attirance d’Ellen pour Fanshawe [personnages de l’œuvre éponyme d’Hawthorne] atteint son point culminant lorsqu’elle est comparée à un ange offrant une sorte de salut, mais étant donné la logique de l’angélisme, consommer l’union serait détruire la raison de son existence en la transformant en une simple histoire de passion corporelle…afin de sauver son amour il doit y renoncer. p. 59

L’homme angélique est la tentative du XIXème siècle d’échapper au monde machine [devenu un concept prégnant à la fois du fait de la technologie mais aussi du fait des sciences]. p. 67

L’âme du Transcendantaliste est mise dans la position fâcheuse d’avoir à rejeter les sens afin de s’empêcher d’être totalement déterminée par la matière. Par conséquent, l’homme est coincé entre un agnosticisme qui garantit sa liberté mais le rend inefficace dans le monde, et un naturalisme qui lui permet d’agir mais seulement de manière déterminée. La seule solution de ce dilemme est l’illusion de l’individualisme anthropocentrique ou de l’angélisme…p. 101

L’image de l’ange était nécessaire à la culture qu’elle définissait  parce qu’elle facilitait la transition d’une culture théocratique à une culture séculaire/populaire. p. 105

Tout comme l’idéalisme naquit en réaction à la mécanique Newtonienne, le sentimentalisme, l’angélisme exotérique naquirent en réaction à l’industrialisme. p. 106

La perfection est surhumaine, et la technologie est notre moyen d’y parvenir. p. 132

Si l’âme est effectivement un ange emprisonné – ce qu’Hawthorne semble impliquer – alors atteindre la perfection est tout simple. Elle vient avec la mort. La mort libère l’âme, et la perfection est quelque chose que l’on n’atteint que lorsque l’âme est par elle-même. Mais le but des scientifiques Perfectibilitaristes est, comme le dit Aylmer, « de vous rendre digne du Paradis sans goûter à la mort, » et cette entreprise requière tous les pouvoirs que la science peut rassembler afin de libérer l’esprit du fardeau des choses…Mais si l’homme est autre chose qu’un ange habitant une machine, il faudra regarder ailleurs que vers la technologie pour le rendre parfait. Aylmer utilise l’angélique pour sauver le mécanique et finit par détruire l’humain… Aylmer, comme les utopistes qui l’ont suivi, semble si déterminé à créer le Paradis sur Terre qu’il ne laissera pas les humains se mettre en travers de son chemin. p. 133-134


Comme dans les contes de fées, le prince reste un crapaud jusqu’à ce qu’il reçoive un baiser. Le baiser peut ou pas être sexuel – cela est fonction de la définition que l’on en donne – mais il est très certainement physique, et, en gros, c’est l’acceptation de leur réalité physique qui sauve les hommes d’être des anges (et irréels). p. 163

mercredi 22 avril 2015

Le Ballet Classique comme Acte Contre-Révolutionnaire

S’il y a bien un rituel présent dans le Casse-Noisette [ce ballet est une tradition aux États-Unis où il est joué chaque année dans nombre de collèges/écoles primaires], c’est celui du meurtre du roi des rats. Chaque année, des mères de la banlieue entourant South Bend se lancent avec leur véhicule dans une campagne contre les rats et ce qu’ils symbolisent. Chaque année elles engagent leurs garçons et leurs filles pour être soldats dans les guerres culturelles afin qu’ils puissent vaincre les rats des appétits et du désordre et du chaos à l’aide des armes que sont la vérité, la beauté et la grâce. Le Casse-Noisette est la version du 21ème s. de la Croisade des Enfants. p. xiii

Paul Valéry : « la danse…semble générer une euphorie particulière, évoquant n nous l’une sphère d’existence transcendante. La danseuse semble appartenir à une constellation autre que la nôtre dans laquelle elle respire une énergie sans limite. Là elle existe avec aise, une essence pure de musique et de mouvement. Elle rend nos actes ordinaires, conçus pour répondre à nos besoins courants, grossiers en comparaison de son dynamisme. » p. 4

Le ballet français exprima le Logos du mouvement humain comme personne ne l’avait fait jusque-là, et comme personne ne l’a fait depuis. p. 5

Vu que le ballet est l’art du corps humain en mouvement, et vu que le telos de l’art est la beauté, le telos du ballet est la grâce. […] La beauté peut être statique mais il n’y a pas de grâce sans mouvement. […] Au cours des siècles, le ballet classique a mis au point des techniques qui donnent l’impression de légèreté. Ces techniques sont fonction du sexe. Les hommes s’engagent dans des sauts héroïques, ou bien ils soulèvent leur partenaire pour donner l’impression qu’ils peuvent s’élever dans les airs avec la musique et transcender les lois qui gouvernent le mouvement humain normal. Dans le ballet, la légèreté triomphe sur la gravité. Les femmes de leur côté donnent l’impression de légèreté en dansant en pointe :
« La danseuse s’élève jusqu’à ce que son contact avec le sol semble disparaître ; la grâce consiste en un relevé de longue durée. David Lein, dans ‘Le Formalisme de Balanchine’, explique que la danseuse gracieuse semble suspendre son soi terrestre, semble ne pas avoir de poids, soulevée, libérée par la verticalité de ce sol horizontal, lié à la Terre. » p. 8

Le mouvement impliquant toujours un danger, on ressent un soulagement quand des mouvements compliqués sont accomplis avec succès. C’est la catharsis qui se trouve au cœur même du ballet. p. 9

Si Isadora Duncan [danseuse américaine de la fin 19ème/ début 20ème s. Autodidacte, féministe, elle se produisait régulièrement légèrement vêtue voire nue] avait lu la pièce d’Euripide ‘Les Bacchantes’, elle aurait appris que la danse dionysiaque allait affranchir les pulsions sexuelles de la loi morale et provoquer la destruction de Thèbes, mais si c’était évident à Euripide, ça n’est jamais venu à l’esprit d’Isadora Duncan. […Dans ‘Les Bacchantes’] dès que les femmes abandonnent leur métier à tisser et s’en vont danser nues dans la montagne, la cité est condamnée. p. 48

Le conflit entre le style de danse de Duncan et celui de Pawlowa [danseuse de ballet classique] tournait moins autour de l’esthétique que de la morale. Pour l’exprimer autrement, l’esthétique de Duncan trouvait sa source dans la moralité – ou son manque – de son style de vie. p. 67


Stanislavsky était pris de court car, comme il le dit lui-même, « N’étant pas habitué à voir un corps presque entièrement nu sur scène, je pouvais à peine remarquer et comprendre l’art du danseur. » Sa réaction initiale dévoile l’essence même de la danse d’Isadora Duncan, ou plutôt, sa manipulation de la danse à des fins politiques et personnelles. p. 71


Développement...

Le ballet classique est donc un acte contre-révolutionnaire. Contrairement au ballet contemporain qui en est la subversion incarnée. Je ne parlerai pas de Merce Cunnigham, il est évoqué dans le livre du Dr. Jones. Je ne parlerai pas non plus des auteurs modernes qui jouent sur la déconstruction, le symbolisme, la rupture d'avec les normes, etc... Par contre je vais dire un mot sur Angelin Preljocaj, que d'aucuns appellent le mac du ballet moderne: il met des femmes nues partout! Un peu comme ce que faisait Isadora Duncan avant l'heure. Ce qu'on veut nous vendre, c'est que le spectateur est suffisamment sophistiqué pour faire abstraction du fait que les corps sont nus et voir, à travers la nudité, l'art lui-même, la danse. Comme on le voit à la réaction de Stanislavsky dans l'extrait du dessus, c'est un mensonge blatant. Ce qu'on nous vend ce n'est pas l'art, c'est la nudité. On nous dira que si on peut apprécier la danse vêtue, on peut apprécier la danse nue! D'un, ce ne serait pas pour les mêmes raisons; deux, ce n'est tout simplement pas vrai! C'est l'inverse : si on peut apprécier la danse vêtue, pas besoin de se mettre nue pour attirer le regard et l'attention!

Le ballet classique, disais-je, est un acte contre-révolutionnaire. En tant que tel, Hollywood ne pouvait pas laisser passer ça. Ils ont donc pondu un de ces mauvais films dont ils ne sont pas les seuls à avoir le secret:

Voilà un résumé: sexe --> mort --> beauté
Je pourrais développer mais ce serait perdre mon temps.

La jeune danseuse ci-dessus est timide et réservée. Elle décroche un grand rôle mais est mal dans la peau de son personnage. Que lui conseille le chorégraphe? "J'ai une mission pour toi. Rentre chez toi et touche-toi [sexuellement]."

Si seulement il y avait quelque chose quand on est acteur comme, oh, je ne sais pas moi...jouer?!

Bref, on a besoin de ballet classique, comme par exemple Coppelia (avec Natalia Osipova, à couper le souffle) ou le Corsaire, ou que sais-je encore, mais on n'a pas besoin d'Hollywood,

mardi 21 avril 2015

Le Messie selon Hollywood

Il me semble que le Dr. Jones parle de ce que j'évoque dans la première partie du sujet - pas la seconde - mais je n'arrive pas à retrouver la référence.

I.

Hollywood a une idée toute particulière du Messie, ainsi qu'une idée toute particulière de Jésus. Et elles ne sont pas compatibles. Voilà le Sauveur d'après Hollywood:


J'imagine qu'il va falloir que je développe. Voilà déjà un extrait du 1er film de 1978 (c'est la même chose dans la BD originale):

Live as one of them, Kal-El...to discover where your strength and your power are needed.
Always hold in your heart the pride of your special heritage.
They can be a great people, Kal-El.
They wish to be.
They only lack the light to show the way.
For this reason above all, their capacity for good...
...I have sent them you...
...my only son.

Vis comme si tu étais l'un d'eux Kal-El
afin de découvrir où ta force et ton pouvoir sont nécessaires.
Garde toujours au fond de ton coeur la fierté de ton héritage particulier.
Ils peuvent devenir un grand peuple, Kal-El. Ils souhaitent l'être.
Ils leur manque seulement la lumière pour les guider.
Pour cette raison avant tout, leur capacité de faire le bien,
je t'ai envoyé vers eux, mon fils unique.

Superman, de son vrai Kal-El, appartient à la famille des "El", peut-être avez-vous déjà entendu ce nom quelque part?

C'est un fils unique, envoyé sur Terre car là-bas seulement il peut y développer des pouvoirs spéciaux.

Voyons quelques images du film de 2006:




Là encore vous avez peut-être vu des images similaires ailleurs.

Superman est le vrai Sauveur de par ses pouvoirs spéciaux. Il n'est pas venu sur Terre pour finir en croix comme Jésus, non! Ce serait une preuve de faiblesse. Lui, il est quasi-immortel et doit montrer la voie à l'ensemble de l'humanité, par la force s'il le faut. Et il le faut souvent.

Cette thèse n'est pas de l'auteur car tout le monde est au courant depuis longtemps. Elle est notamment traitée dans l'ouvrage suivant du rabbin Simcha Weinstein:


II.

Hollywood a réussi à créer l'un des méchants les plus méchants de l'histoire de la culture humaine: Dark Vador, Darth Vader en anglais, de la série de films "La Guerre des Étoiles" (Star Wars). Lui, là:


Qui est ce personnage maléfique, mal incarné qui retourne l'estomac du public innocent?

Dans le film "La Menace Fantôme" de 1999;


on apprend ceci de sa mère: "There was no father."
En français: "Il n'y a pas eu de père."
L'anglais n'est pas équivoque: elle ne dit pas qu'elle ne connaît pas son père, ou qu'elle a couché avec tellement d'hommes qu'elle serait incapable de dire qui c'est. Non, elle dit qu'il n'y a pas eu de père. Ou a-t-on déjà entendu cela?

On apprend beaucoup d'autres choses sur Dark Vador, notamment que sa venue avait été prophétisée, qu'il a été déclaré "le choisi", qu'il a des pouvoirs magiques bien au-delà du commun des mortels, qu'il a été rejeté par les chefs d'un temple, qu'il se bat dans un temple (même s'il ne s'agit pas de marchands), qu'il est tenté par l'empereur - et, lui, succombe -, que si l'on n'est pas avec lui on est contre lui. Ça en fait dites-donc!

Au cas où les analogies ne seraient toujours pas suffisantes, en voilà une de plus. Sa mère dans le film est jouée par une actrice nommée Pernilla August. Il se trouve que l'année où est sortie "La Menace Fantôme", 1999, Pernilla a joué dans un film pour la télé, celui-là:


Marie, Mère de Jésus...

Donc, dans deux films quasi-simultanés, la même actrice joue à la fois la mère de Jésus ET la mère du personnage le plus diabolique de l'histoire (après Hitler, quand-même)...?! Et-ce encore du subliminal à ce niveau?

Alors, franchissons le pas, si Jésus représente le côté obscur, qui représente le côté lumineux de la force?

Nous en avons déjà un indice avec le caractère qui répond à la description suivante:

"There was a beast with long thick hair (and because of these) they could not distinguish his face from his back. They said: Woe to you, who can you be? Thereupon it said: I am al-Jassasa."

Il y avait une créature avec des poils si longs qu'on ne pouvait pas distinguer son devant de son dos. Ils dirent: qui est-tu? Elle répondit: Je suis al-Jassasa. [extrait du Coran]

Cette créature, al-Jassasa, suit le dajjal, l'antéchrist de la tradition musulmane, à la fin des temps. [On change de tradition mais le principe reste le même.]

Si seulement il y avait un personnage qui y faisait penser dans la Guerre des Étoiles, comme, oh, je ne sais pas...lui peut-être:


Han Solo ne correspond pas à la description du dajjal/antéchrist mais peut-être qu'à ce niveau ça aurait fait trop.

Le blanc est devenu noir, le noir, blanc.

lundi 20 avril 2015

Le Modernisme comme Rationalisation de la Déviance Sexuelle 2

Pour commencer, le totémisme [référence aux théories de Freud] n’est pas la religion qui prédomine à l’aube de la culture humaine. Les peuples les plus anciens et ethnologiquement primitifs, des tribus telles que les Pygmées d’Asie et d’Afrique, les Aborigènes d’Australie, les Eskimos, et les autochtones de la Terre de Feu, ne connaissent rien du totémisme, en fait, leur religion ressemble à la fois au judaïsme et au christianisme, de telle sorte qu’ils ont tendance à être monothéistes et monogames, et se réfèrent à Dieu comme « Notre Père. » Deuxièmement, le totémisme « n’est pas universel, et tous les peuples ne s’y sont pas adonnés. Troisièmement, tuer et manger rituellement l’animal totem ne sont non seulement pas des caractéristiques immuables du totémisme, on ne les rencontre que dans quatre des centaines de races totémiques du monde, qui plus est quatre des plus récentes. Quatrièmement, selon Schmidt [Rév. Wilhelm Schmidt, prêtre et anthropologue], « les peuples pré-totémiques ne connaissent rien du cannibalisme, et le parricide [parricide en anglais] chez eux serait impossible, psychologiquement, sociologiquement, et éthiquement. Quant au parricide [patricide en anglais], l’autorité du père est fermement ancrée chez les personnes les plus âgées au niveau de leur organisation sociale, leur morale et leur affection ; et le meurtre de quiconque, spécialement dans leur propre clan, est quelque chose de si rare que l’idée de tuer un père ne pourrait jamais traverser l’esprit de ces peuples. »
Enfin, les mœurs sexuelles des peuples pré-totémiques ne sont pas non plus telles que Freud les décrit. La forme la plus ancienne de famille que l’on connaisse n’était ni la promiscuité ni le mariage de groupe, « aucun des deux, d’après les ethnologues, n’ayant jamais existé. […] Au contraire, chez ces peuples le mariage est pleinement développé, monogame chez la plupart, polygames dans de rares cas.» p. 181-182

Enfant, Jung eut deux visions qui le convainquirent de la réalité d’un monde au-delà de l’expérience quotidienne : une d’un gros pénis dans une grande salle souterraine, l’autre d’un gros étron tombant sur la cathédrale de Bâle. Selon lui, ces rêves l’avaient convaincus que « Dieu seul est réel – un feu annihilateur et une grâce indescriptible. » Le fait qu’il s’en soit souvenu à un âge avancé nous force à envisager la possibilité que ces rêves aient pu fonctionner comme les souvenirs précoces pour Freud, c’est-à-dire comme des déguisements pour des désirs présents puissants. Les deux, surtout le deuxième, font montre d’une hostilité à l’encontre du christianisme et d’un lien entre cette hostilité et la sexualité. Les rêves indiquent que le Dieu que Jung cherchait n’avait rien à voir avec le christianisme, qu’il associait à la foi Protestante usée de son père. p. 199

La démonstration de Kruell à l’encontre du père de Freud – qu’il a séduit le jeune Sigmund – est plus convaincante que son rejet par Vitz, en particulier au vu du matériel qui a émergé sous la forme de la correspondance non expurgée Freud/Fliess. Dans une lettre du 8 février 1897, Freud signale  « les maux de tête hystériques » comme étant « caractéristiques de scènes au cours desquelles la tête est tenue dans le but de réaliser une action dans la bouche…Malheureusement, mon propre père était l’un de ces pervers et est responsable de l’hystérie de mon frère (dont tous les symptômes sont des identifications) et de celles de plusieurs jeunes sœurs. » p. 215

En commettant un acte d’inceste, Freud non seulement se guérira, il réalisera tout une série de désirs. Il se vengera par là même de ce père qui était la cause de la névrose en premier lieu ; au-delà de ça, il volera Dieu, le père exalté, de son pouvoir en tant qu’il s’exerce tout d’abord dans le domaine de la morale. Comme pour les pharaons égyptiens, que mentionne Freud dans Moïse et le Monothéisme, commettre l’inceste élève la personne qui le pratique au niveau d’un ‘dieu’, ce qui, selon certains récits de la Chute dans la Genèse, était également ce à quoi Adam et Eve aspiraient lorsqu’ils ont succombé à la suggestion du diable. p. 219

Maintenant [grâce au complexe d'Œdipe] les désirs de Freud sont ‘universels’, donc aucune faute ne peut s’y attacher. Par conséquent, Œdipe a terrassé la culpabilité. Si la morale est l’emprise qu’a Dieu sur la vie de tous les jours de l’homme, alors le complexe d’Œdipe, en sectionnant cette connexion, place l’homme au niveau de Dieu. Il devient le ‘surhomme’, et le signe qu’il est un ‘dieu’ est sa volonté de briser le tabou ultime, l’inceste. p. 220

La théorie œdipienne a exonéré Freud, pas tant de son désir de tuer son père ou de coucher avec sa mère de façon littérale, mais plutôt de son désir de pratiquer l’inceste avec sa belle-sœur, Minna…p. 222


En l’absence de vertu, l’esprit ne cessera pas de fonctionner, il cessera de fonctionner en contact avec la réalité. Vivre une vie vertueuse permet l’alternative intellectuelle ouverte, le contact avec la réalité menant à une certaine explication de la vérité. L’absence de vertu chez le penseur prédétermine l’autre option. Dans ce cas l’esprit ne fait rien de plus que projeter ses désirs, peurs, et besoins sur la réalité. La réalité devient le matériau cru que l’on transforme en idoles du soi. Dans le premier cas on obtient la sagesse, la philosophie, et la science ; dans l’autre la névrose, l’idéologie, et la magie. p. 232


Le Modernisme comme Rationalisation de la Déviance Sexuelle 1

En fait, on pourrait dire que le modernisme dans sa totalité, tous les créateurs de l’artifice intellectuel qu’est l’âge moderne, étaient déterminés à faire émerger rien de plus qu’une rationalisation de l’apostasie, la rébellion sexuelle en étant son véhicule. Qu’est-ce que Margaret Mead, Bloomsbury, Picasso, Sartre et Freud, les diverses formes de socialisme, Paul Tillich, et tout un nombre d’auteurs moins proéminents ont en commun ? Précisément cela : un comportement sexuel déviant rationalisé, considéré comme une libération. En réalité, ce n’était rien de plus qu’une attaque contre Dieu en général et la morale sexuelle chrétienne en particulier. p. 121-122

p.122-123
La réalité de l’homme en dehors du Christ est la culpabilité et le masochisme. Et dans la culpabilité et le masochisme est compris un esclavage intérieur qui gouverne toute la vie du non-chrétien. La politique de l’anti-chrétien sera donc inévitablement la politique de la culpabilité. Dans la politique de la culpabilité, l’homme est perpétuellement drainé de son énergie sociale et de son activité culturelle par son sens de la culpabilité prévalent et son activité masochiste. Il demandera progressivement de l’état de jouer un rôle de rédempteur. Ce qu’il ne peut faire lui-personnellement, c’est-à-dire se sauver lui-même, il demande que l’état le fasse pour lui, de sorte que l’état, en tant qu’homme agrandi, devient le sauveur humain de l’homme. Par conséquent, la politique de la culpabilité n’est pas dirigée, comme la politique chrétienne de la liberté, vers la création d’une justice et d’un ordre divins, mais vers la création d’un ordre rédempteur, un état sauveur. Ainsi, la culpabilité doit être projetée sur tous ceux qui s’opposent à ce nouvel ordre et ce nouvel âge.
Rousas J. Rushdoony, The Politics of Guilt and Pity 

Le motif de distorsion dans son [Picasso] œuvre est une fonction de l’état de sa relation avec sa maîtresse ou son épouse du moment. p. 135
[Plus Picasso s'entendait avec ses maîtresses, plus il penchait vers le réalisme. Plus ses relations étaient houleuses, plus il penchait vers le cubisme.]

Du moins au début de leur relation, Picasso vit en Olga une personne digne d’amour comme épouse et mère. Il fit donc ses portraits de la seule manière appropriée pour de tels sentiments, c’est-à-dire de la manière réaliste dans la tradition classique de l’art occidental. […] Le réalisme communiquait la valeur de l’objet aimé tout aussi efficacement que les distorsions cubistes communiquaient le dégoût de la femme qui vient du dégoût sexuel. p. 140

[…] Il y avait bien un lien entre l’art occidental et la morale chrétienne. Le réalisme ne pouvait pas s’épanouir dans un environnement qui niait la valeur transcendante de la personne humaine. […] En d’autres termes, il n’y a pas de réalisme aztèque, non plus qu’une société fondée sur le sacrifice humain ne puisse jamais en produire par elle-même. Pourquoi passer le temps qu’a passé Ingres pour reproduire un visage humain quand ce même humain pourrait être utilisé comme chair au cours d’un sacrifice obscène le lendemain. Les mutilations de Picasso du corps féminin représentent la version moderne du sacrifice humain ; elles présagent simultanément et de manière visuelle, les camps de concentration, les cliniques d’avortement, et les films pornographiques, et ont peut-être même contribué aux trois. La guerre de Picasso contre la représentation était aussi une guerre contre la tradition qui l’a engendrée, une tradition qui voyait l’être humain comme ayant une valeur infinie. De ce point de vue elle ne ressemblait pas aux idéologies modernes que l’art contemporain a trouvées si sympathiques, elles qui ne voyaient en l’homme que de la chair à canon pour une finalité ou une autre et le traitaient en conséquence. p. 142-143



http://www.culturewars.com

samedi 18 avril 2015

Chevaucheur d'Orque - La Religion de la Nature

[Dr. Jones [yep] fait référence, entre autres, à deux incidents : le 1er est la mort de Dawn Brancheau, dresseuse à Sea World et tuée par une orque en 2012 ; le 2nd est la mort de Timothy Treadwell qui avait vécu avec les ours d’Alaska dans les années 1990 et fut dévoré par l’un deux en 2003. Un film H'Herzog lui est consacré.]

Chevaucher une orque en Floride, tout comme chevaucher des taureaux en Crète Minoenne, est un acte rituel. Lorsque Dawn Brancheau revêtait sa combinaison, elle devenait une prêtresse qui a de nombreux adeptes dans l’occident post-chrétien, la religion de l’unité avec la nature. Avatar est un hommage récent à cette religion. Jake Sully, le Marine américain handicapé, doit apprendre à chevaucher avec les animaux avant de pouvoir être accepté par les Na’abo, aussi connus sous le nom de « le peuple, » et qui sont l’avatar du Noble Sauvage de Rousseau à la sauce Cameron. Pour être fidèle à la doctrine d’Hollywood de la religion de la nature, Jake doit devenir un avec le cheval.
Chevaucher une orque est le même concept mais à un échelon supérieur. Si l’on considère Free Willy et le film Maori/Néo-Zélandais Whale Rider comme deux expressions de la religion dont s’inspire Cameron dans Avatar, chevaucher une orque devient le signe ultime de l’élection.


Si la vénération de la nature est une religion, alors Jean-Jacques Rousseau est un théologien.
Rousseau inventa la religion de la nature en confondant les deux significations du mot : 1) nature comme essence et 2) nature comme existence. La nature comme essence implique un telos, une finalité implantée là par son créateur. La nature comme existence évoque les conséquences pour une créature donnée lorsque ce telos est mis en route dans l’histoire et la matière.[…]
L’état de nature célébré par les penseurs de l’époque devint un royaume pré-rationnel, pré-historique, dans lequel l’homme regagnait son « innocence » animale en haïssant la civilisation et l’Église qui avait donné forme à la culture européenne. […]
De cette prémisse on en déduit que l’homme est « né libre, » qui est la prémisse de Rousseau dans son Contrat Social. Et de ce fait on en déduit la futilité de l’ascétisme chrétien, qui prétend que la liberté doit être atteinte à l’aide de la raison mettant au pas les appétits, les passions, qui sont justement ce que les auteurs chrétiens et classiques appelaient l’esclavage. Comme Thomas d’Aquin en avait eu l’intuition il y a 600ans :
« …étant donné que la volonté est, de par sa nature, penche vers ce qui est bon, lorsqu’il est sous l’influence d’une passion, d’un vice ou d’une mauvaise tendance, un homme se détourne de ce qui est réellement bon ; cet homme, si l’on considère le penchant qu’a la volonté de par son essence, agit en esclave, puisqu’il s’autorise à aller contre ce penchant sous l’influence de causes extérieures. Mais si l’on considère l’acte de volonté en tant qu’il penche vers le bien apparent, alors l’homme agit librement quand il succombe à ses passions ou son tempérament corrompu, et il agit en esclave si, sa volonté penchant toujours comme elle le fait, il s’abstient de faire ce qu’il veut par peur de la loi qui l’interdit. »
[…] Affecté par la culpabilité, l’homme vivant à l’état de nature s’efforce constamment de devenir un avec les animaux dont il envie l’innocence qui fait partie de leur nature.
[…] ‘Si j’étais un animal, je ne ressentirais pas de culpabilité. Donc, si je vis comme un animal, si je fais un avec le animaux, si les animaux m’acceptent comme l’un des leurs, ce qui est le cas quand ils me laissent les chevaucher, peut-être que mon sentiment de culpabilité va s’amenuiser.’

Treadwell est tombé sur une vérité essentielle. Les animaux sont parfaits. Ils sont parfaits car dénués de libre arbitre. Contrairement à la plupart des gens comme Timothy Treadwell, les animaux ne peuvent pas gâcher leur propre vie. Le telos que Dieu leur a implanté est inexorablement voué à l’accomplissement à travers le mécanisme et l’instinct. La perfection de l’ours ne peut être compromise que par des obstacles matériels, comme la famine ou la maladie. C’est exactement le contraire pour l’homme. L’homme est destiné à une finalité supérieure, surnaturelle, éternelle, pour laquelle les obstacles matériels sont inconséquents, car sa finalité en tant que créature rationnelle ne peut se trouver que dans la sphère éternelle ou la matérialité ne joue aucun rôle ; mais, de ce fait, l’homme ne peut atteindre cette finalité que par l’usage de ses propres intellect et volonté. Il doit connaître le bien et avoir la volonté de l’accomplir, et ensuite comprendre son destin en usant de sa raison pour collaborer avec la grâce de Dieu.

Avatar rend la vie de chasseur-cueilleur attrayante et suggère que dans l’état de nature, l’égalité des sexes prévaut mais qui, en dehors d’un directeur d’Hollywood gâté, penserait la vie de chasseur-cueilleur attrayante ? La seule chose qui rend cela possible est la technologie capitaliste et l’image de l’Éden que l’occident post-chrétien n’arrive pas à se sortir de la tête.

La religion de la nature c’est l’Éden sans la Chute.

N’en déplaise à Jean-Jacques, l’homme n’est pas né libre, et il ne peut pas non plus trouver sa liberté en imitant les instincts des animaux ; l’état naturel de l’homme est l’esclavage, et c’est seulement en disciplinant sa volonté par la grâce de Dieu et en cherchant à connaître la vérité qu’il peut atteindre le bien.